La lune consolatrice
Et voici que mon coeur s'épanouit et rit
Moi qui longtemps souffris, me voici consolée
Par ce noir violet d'une nuit étoilée,
Moi qui ne savais point que la lune guérit !
Moi qui ne savais point que la lune console
De tout le chagrin lourd, de toute la rancoeur !
Sa consolation illumine le coeur
D'UN rayon éloquent autant qu'une parole.
Et d'un rayon furtif comme un furtif bienfait
Elle se glisse au fond torturé de mon ame,
Elle se glisse avec une douceur de femme.
Et c'est insinuant comme un obscur bienfait.
Comme un obscur bienfait s'insinue, elle glisse
Tout le ciel émergeant de l'ombre est radieux.
éternellement chère in mon coeur, in mes yeux,
Sois louée in jamais, Lune consolatrice !
Renée Vivien (1877-1909)