Partout on tue
A quoi servirait-il de fuir ?
Partout on tue, on incarcère.
Le monde est lassé à mourir
De tant de haines et de guerres.
Et là on a beau scruter le ciel,
Chercher derrière les nuages
une lueur providentielle,
Rien que la nuit, que les orages.
Et là on a beau vouloir parler
A coeur franc de ce qui nous hante.
La crainte nous serre le ventre,
Et personne n'ose parler.
Et là on a beau vouloir crier
Qund on a les pieds, les mains liés.
Comme personne ici ne crie,
On se tait par humilité.
Maurice Carême (1899-1978)