Sur le lac


Et du libre univers nourriture nouvelle
En moi j'aspire, sang neuf dans mes veines;
Comme Nature est bienveillante et bonne
Qui me presse contre son sein !
La vague berce notre barque
Vers l'amont au rythme des rames,
Et les montagnes, dressées dans les nuages,
Rencontrent notre course.

Mes yeux, mes yeux, pourquoi vous fermez-vous ?
Rêves dorés, revenez-vous ?
Va-t-en, rêve, si doré que tu sois;
Ici aussi est l'amour, ici aussi la vie.

Sur la vague scintillent
Mille étoiles flottantes,
Les brumes moelleuses boivent
Les Hautes masses des lointains alentour;
La brise du matin volète
Sur les bords de la baie ombreuse,
Et dans le lac se reflète,
Mûrissante, la moisson à venir.

Auf dem See


Und frische Nahrung, neues Blut
Saug' ich aus freier Welt
Wie ist Natur so hold und gut,
Die mich am Busen hält!
Die Welle wieget unsern Kahn
Im Rudertakt hinauf,
Und Berge, wolkig, himmelan,
Begegnen unserm Lauf.

Aug', mein Aug', was sinkst du nieder?
Goldne Träume, kommt ihr wieder?
Weg, du Traum! so gold du bist;
Hier auch Lieb' und Leben ist.

Auf der Welle blinken
Tausend schwebende Sterne
Weiche Nebel trinken
Rings die türmende Ferne;
Morgenwind umflügelt
Die beschattete Bucht
Und im See bespiegelt
Sich die reifende Frucht.

Johann Wolfgang Goethe (1749-1832)



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